« UNDER THE SEA OF NY » PIETRO RUFFO

La Galerie Laura Gonzalez à New York dévoile une nouvelle exposition à l’occasion de TEFAF 2026. Conçu comme un dialogue visuel puissant entre l’artiste italien Pietro Ruffo et l’univers singulier du design de Laura Gonzalez, le projet marque également une collaboration avec la galerie parisienne PRON, qui a fait venir Ruffo à New York pour exposer au sein de l’espace de la Galerie Laura Gonzalez.

Pietro Ruffo présente une sélection d’œuvres comprenant huiles, encres et ses compositions emblématiques en papier découpé. Né à Rome en 1978 et formé comme architecte à l’Università Roma Tre, Ruffo aborde le dessin et la sculpture comme des instruments de recherche, ancrés dans une réflexion philosophique, sociale et éthique. Ses œuvres stratifiées entrelacent paysages naturels et figures humaines, cartographies et constellations, structures géométriques et fragments de texte, construisant des récits visuels complexes qui explorent des thèmes universels, notamment la liberté et la dignité de l’individu. L’un des artistes contemporains italiens les plus importants, Ruffo a représenté en 2024 le Pavillon de Venise lors de la 60e Biennale de Venise et a présenté une importante exposition personnelle au Palazzo delle Esposizioni à Rome.

ANTHROPOCÈNE

En 2022, Pietro Ruffo entreprend la série Anthropocène, une exploration profonde de l’impact de l’humanité sur notre planète. Le terme « Anthropocène » désigne une nouvelle époque géologique dans laquelle l’être humain est devenu la principale force capable de transformer la Terre. Traditionnellement, les ères géologiques étaient définies par des mutations naturelles ; aujourd’hui, cependant, notre influence sur le climat, les écosystèmes, les paysages et même les sols est devenue si considérable qu’elle marque le passage d’une époque géologique à une autre. À travers cette série, Ruffo interroge ce moment charnière de l’histoire où l’humanité s’est imposée comme la force dominante façonnant l’avenir de la planète.

Au-delà de sa portée conceptuelle, chaque peinture de la série est également profondément ancrée dans l’histoire. Le fond de chaque œuvre est constitué d’une carte historique de la ville de New York, sur laquelle Ruffo superpose des forêts primordiales datant de plusieurs millions d’années. Ces paysages ne sont pas imaginaires : l’artiste s’est appuyé sur des recherches scientifiques fondées sur l’étude des pollens fossilisés, une méthode permettant aux scientifiques d’identifier avec précision les espèces végétales qui occupaient autrefois un territoire donné. Les forêts intégrées aux cartes correspondent ainsi à la végétation originelle présente sur ces terres bien avant l’émergence de la ville moderne.

En réunissant cartographie, science, histoire et imagination, Ruffo compose une vision stratifiée du temps où passé et présent coexistent. Les œuvres invitent le spectateur à reconsidérer la relation entre l’humanité et la nature, tout en révélant la mémoire enfouie dans le territoire lui-même.

Cette démarche propose également une nouvelle manière de contextualiser l’histoire. Les États-Unis sont souvent perçus comme une nation relativement jeune, mais les œuvres de Ruffo nous rappellent que les terres sur lesquelles leurs villes ont été construites portent une histoire infiniment plus ancienne que celle de la civilisation humaine. En superposant des écosystèmes ancestraux à la géographie contemporaine, l’artiste élargit notre perception du temps et nous encourage à envisager l’histoire non seulement à travers les événements politiques ou humains, mais aussi à travers l’histoire beaucoup plus vaste et profonde de la Terre elle-même.

A MARINE DROP

Comme surgie des profondeurs marines, une force ascendante s’élève dans une tension silencieuse, une lumière puisée dans des constellations immergées et des géographies cachées. Suspendue entre gravité et flottabilité, elle suggère un objet remonté à la surface plutôt que composé, façonné par des marées invisibles et la mémoire lente de l’eau.

La lampe est réalisée à la main à Murano par Maestro Diego, entièrement en verre artisanal. Sa forme soufflée, à la fois délicate et résolue, évoque un vestige marin, un fragment lumineux porté à l’air libre.

Sa suspension verticale, composée de cordages d’inspiration maritime structurés par un pavillon et un nœud central, évoque le gréement nautique. Les lignes tracent un geste d’ascension, renforçant la présence sculpturale de l’œuvre au sein de l’exposition.

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